Renforcement de capacités des femmes handicapées sur les violences basées sur le genre à Korbongou
Dans la continuité des activités du projet Tintod Lieb, un atelier a été organisé à l’endroit des femmes handicapées pour les outiller sur les stratégies de prévention et de gestion des VBG (Violences basées sur le Genre). Cet atelier de renforcement de capacités a débuté le 18 décembre 2024 à 09h, réunissant 20 participantes (des femmes en situation de handicap) et un représentant du Maire. La Responsable du projet a tout d’abord pris la parole pour souhaiter la bienvenue à toutes les participantes. Dans son intervention, elle a placé la formation dans son contexte et rappelé les objectifs de celle-ci. Elle a exhorté les participantes à participer activement à la formation et à poser des questions en cas d’incompréhension, puis a souhaité une bonne session de formation.
Le représentant du Maire, Monsieur KOMBATE Dambe, a remercié l’initiative et encouragé les participantes à mettre en pratique les ressources qui leur seront mises à disposition pour une meilleure résilience. Il a également souligné l’importance de ne pas s’apitoyer sur leur situation de handicap, mais de reconnaître qu’elles ont des droits comme tout autre individu. Sur ces mots, il a déclaré ouvertes les activités de renforcement de capacités des femmes handicapées sur les violences basées sur le genre (VBG) au nom du Mai re de Tône 4.
L’animateur a rappelé la politique de Plan International qui protège les enfants, les jeunes et les participants aux programmes. La facilitatrice Madame SBABESSANA Aliatou a utilisé une méthodologie de questions-réponses pour permettre aux participantes d’interagir. Les thèmes abordés ont porté sur : le sexe et le genre, les droits et devoirs des femmes et des filles, en particulier celles vivant avec un handicap, ainsi que la discrimination et les stéréotypes afin de permettre aux femmes de mieux comprendre ces notions et faire la distinction.
Au deuxième jour de la formation, nous avons commencé par un rappel des activités du jour 1 par les participantes, avant d’entamer la session sur la notion de violence. L’objectif de cette session était d’amener les femmes vivant avec un handicap à comprendre la notion de violence sous toutes ses formes, de faire ressortir les types d’abus dont elles sont victimes au sein de la communauté, de connaître les causes et les conséquences des violences basées sur le genre, ainsi que les potentiels auteurs d’abus et les moyens de prévention et de lutte. À travers des explications et des exemples, les participantes ont compris que la violence n’est pas seulement physique, mais peut également être émotionnelle, verbale, sexuelle ou se manifester par la négligence. Elles ont cité des exemples de violences touchant les femmes et les filles, en particulier celles en situation de handicap, tels que la discrimination, le confinement, la stérilisation, les viols, les violences conjugales, les violences économiques, les violences domestiques, les abus psychologiques, le déni d’accès à la propriété et les injures. Les participantes ont témoigné de leur vécu d’exclusion et de rejet dans la communauté, notamment le refus d’adhérer à des groupements en raison de leur handicap. Elles ont également fait état des répercussions négatives de ces violences, telles que la perte de confiance, des maladies récurrentes dues au stress, des idées suicidaires, des colères, de la tristesse, l’isolement, le mariage forcé et la mort.
Le troisième jour, nous avons abordé les modules concernant la question de savoir à qui elles s’adressent lorsqu’elles subissent ces violences, les femmes ont répondu qu’elles ne savaient pas qu’il fallait signaler ou dénoncer. À ce titre, il leur a été recommandé de se rendre au service des actions sociales, de se tourner vers le président de leur association ou d’appeler les numéros verts (1011) en cas de violences basées sur le genre, se diriger également vers les associations qui défendent les droits des femmes (A2FHVS, REFED, Tchowoure, ASAS, CFSPC, Plan International Togo…).
Les participantes ont souligné que les auteurs de ces abus ne sont pas uniquement des hommes, mais aussi des femmes, leurs enfants, des leaders communautaires et parfois même entre elles. En conclusion, toutes les personnes sont des potentiels abuseurs. Pour prévenir et lutter contre ces violences, il est essentiel que les femmes soient capables de signaler ou de dénoncer les abus subis. Il est également nécessaire de créer un climat de confiance en elles et d’intensifier les sensibilisations sur l’inclusion pour amener la communauté à prendre conscience de ces problématiques et changer de mentalité. De plus, il est impératif que les auteurs d’abus soient sévèrement punis pour décourager d’autres comportements similaires. Enfin, les participantes ont pris connaissance des lois nationales et internationales sur la répression des violences basées sur le genre, afin de les rassurer et de les encourager à affirmer leurs droits. Nous avons ensuite procédé à l’évaluation de la formation et au recueil des impressions et témoignages des participantes, marquant ainsi la fin de l’atelier.


















































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